Fréquence de ramonage :
Combien de fois par an faut-il ramoner son poêle à granulés ou sa cheminée?
CE QUI CHANGE
LES SEUILS FIXÉS PAR LE DECRET
CALCUL POUR LES POÊLES À BOIS
CONSÉQUENCES
Pendant des décennies, la règle du jeu en matière de ramonage était gérée localement par le Règlement Sanitaire Départemental (RSD), fixant généralement deux passages obligatoires par an. Mais un changement réglementaire majeur est intervenu avec le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, qui redéfinit les règles du jeu à l’échelle nationale.
Ce texte introduit une révolution juridique et technique : la quantification des volumes de combustible consommés pour estimer l’encrassement des conduits.
Chez Flamatech, nous décryptons ce que cela change concrètement pour vos obligations et l’utilisation de votre poêle.
Jusqu’à récemment, l’absence de règle homogène à l’échelle de la France faisait du RSD le texte de référence, « obligeant » de nombreux foyers à réaliser deux ramonages annuels par défaut, quel que soit leur usage réel.
Le décret n° 2023-641 de juillet 2023 est venu harmoniser le socle réglementaire, passant d’une règlementation locale à une règlementation nationale, fixant une obligation de base minimale d’un ramonage par an pour les appareils individuels et un nouveau « juge de paix » pour savoir combien de ramonages par an vous devez effectué : le volume de combustible brûlé.
La nouveauté du décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 : l’entretien directement indexé sur la consommation de bois ou pellets / granulés
Jusqu’à présent, la fréquence de ramonage était fixée en local par le Registre Sanitaire Départemental. Pour la première fois, un texte réglementaire national associe la fréquence d’entretien à des seuils de consommation précis, évaluant directement les rejets de particules et la probabilité d’encrassement du conduit :
- Pour les poêles à granulés : Un seuil repère fixé à 2,5 tonnes de pellets consommées entre deux entretiens (l’équivalent de 167 sacs de 15kg de pellets / granulés). Si vous videz en moyenne 1 sac par jour au cœur de l’hiver, vous atteindrez ce seuil au bout de 5 mois et demi de chauffe continue.
- Pour les poêles à bois : Un seuil repère fixé à 6 mètres cubes apparents de bois bûche.
Qu’est-ce que cela implique ? Dès lors que votre consommation annuelle dépasse l’un de ces volumes, les recommandations associées au texte préconisent fortement un deuxième ramonage annuel (dont un pendant la période de chauffe).
Autre point important, il s’agit de la première fois que l’on quantifie les volumes pour estimer les rejets en particules des appareils à bois et surtout la probabilité d’encrassement.
Poêles à bois : comment savoir si l’on dépasse le seuil de consommation de 6m3 apparents ?
Le texte officiel parle en « mètres cubes apparents« . Si vous achetez votre bois en stères, le volume visuel change selon la longueur de coupe, car les bûches courtes se rangent mieux et laissent moins de vide.
Vous atteignez le seuil des 6 m³ dès que vous commandez et stockez :
– 6 stères si vos bûches sont coupées en 50 cm (ici 1 stère = 1 m³).
– environ 5 stères si vos bûches sont coupées en 1 mètre (ici 1 stère = 0,8 m³).
– environ 7,5 stères si vos bûches sont coupées en 33 cm (ici 1 stère = 0,7 m³).
Si vous achetez des palettes de bois déjà coupées et rangées, le volume est directement indiqué en mètres cubes apparents sur votre facture.
À l’avenir, ce critère quantitatif pourrait devenir la norme pour les compagnies d’assurance en cas de sinistre (feu de cheminée ou intoxication). Sur simple présentation de votre facture d’achat de bois ou de granulés, l’assureur pourra vérifier si la fréquence de vos ramonages était en adéquation réelle avec votre volume de combustion.
L’impact pour Flamatech : Le renforcement de son rôle de conseil
Face à cette évolution, aux missions de nos techniciens fumistes s’ajoutent désormais une plus grande partie de « conseil ». Pour notre équipe administrative et technique, la démarche évolue également : lors de la programmation ou du suivi de votre installation, nous serons amenés à vous interroger sur votre consommation annuelle exacte de combustible.
Cette question n’a rien d’intrusif : elle est indispensable pour vous préconiser la fréquence de ramonage idéale, sécuriser votre installation et vous éviter tout litige potentiel avec votre assureur.
Attention : Le volume de bois n’est pas le seul critère qui détermine la fréquence de ramonage ou d’entretien
Si la quantité de combustible brûlé est un indicateur clé, elle ne résume pas à elle seule le risque d’encrassement. Un conduit peut s’asphyxier rapidement (apparition de bistre, suie excessive) pour d’autres raisons parfois structurelles :
- Une installation non conforme : Un défaut de tirage, un conduit mal dimensionné ou des coudes trop prononcés (non conformes au DTU 24.1) favorisent l’accumulation de résidus.
- Un fonctionnement dégradé : Utiliser du bois trop humide, faire couver son feu au ralenti ou mal régler les arrivées d’air de son poêle (qu’il s’agisse d’un modèle Bronpi, Edilkamin, Ravelli, Palazetti ou autre) multiplie par deux ou trois la production de suie, indépendamment du volume de bois acheté.
Le décret n° 2023-641 marque en définivitve un tournant vers une responsabilisation grandissante des utilisateurs de chauffage au bois. Entre les exigences du fabricant de votre poêle, les seuils de consommation et les attentes de votre assurance, le ramonage et l’entretien de votre équipement de chauffage à bois ou à pellets dépasse la simple formalité administrative annuelle et vous invite à mieux maîtriser le contexte qui entoure son utilisation.
Si vous ne savez pas si votre rythme de chauffage impose un ou deux ramonages par an ?
👉 Contactez l’équipe de Flamatech : Alexia, Corinne et nos techniciens sont à votre disposition pour faire le point sur votre installation et vos besoins réels.




